Chantez, chantez encor, rêveurs mélancoliques,
Vos doucereux amours et vos beautés mystiques
Qui baissent les deux yeux ;
Des paroles du coeur vantez-nous la puissance,
Et la virginité des robes d’innocence,
Et les premiers aveux.
Ce qu’il me faut à moi, c’est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie
Qui se pâme et se tord ;
Qui s’enlace à vos bras, dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !
C’est une femme ardente autant qu’une Espagnole,
Dont les transports d’amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit ;
C’est une passion forte comme une fièvre,
Une lèvre de feu qui s’attache à ma lèvre
Pendant toute une nuit !
C’est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Une lèvre de feu d’où jaillit la pensée ;
Ce sont surtout deux seins
Fruits d’amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,
Qu’on prend à pleines mains !
Eh bien ! venez encor me vanter vos pucelles
Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,
Frêles comme un roseau ;
Qui n’osent du doigt vous toucher, ni rien dire,
Qui n’osent regarder et craignent de sourire,
Ne boivent que de l’eau !
Non ! vous ne valez pas, ô tendre jeune fille
Au teint frais et si pur caché sous la mantille,
Et dans le blanc satin
Les femmes du grand ton. En tout tant que vous êtes,
Non ! vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes
Un amour de catin !
Alfred de Musset (1835)
vendredi 20 mars 2009
Alfred de Musset - Ce qu'il me faut
dimanche 1 février 2009
Vive la littérature érotique !
"L'érotisme est l'une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie."
Anaïs NIN, Etre une femme et autres essais
samedi 27 décembre 2008
LIVRE - Les exploits d'un jeune Don Juan
Celle-ci aussi était nue, mais recouverte jusqu’à la poitrine. Elle était sur le dos, les deux bras sous la tête, de façon qu’on pouvait voir les épais buissons noirs de ses aisselles. Ses jolis tétons ressortaient bien mieux à cause de la position de ses bras, des deux côtés desquels pendaient de façon charmante, les boucles de ses cheveux longs et épais. Tout était délicieux dans ce tableau. Dommage qu’elle ne fût qu’une paysanne et je ne comprends pas comment un homme peut préférer à la beauté naturelle d’une paysanne, les appas apprêtés d’une dame.
Sa chemise très propre était près d’elle. Je la sentis et m’étonnai de l’odeur de santé dont elle était imprégnée.
Tout doucement je tirai la couverture et l’admirai toute nue. Je restai un moment étonné de l’aspect merveilleux de ses membres bien proportionnés, de sa motte très poilue, dont les poils noirs allaient des lèvres jusqu’aux cuisses. Elle se réveilla pendant que je l’embrassai sur la poitrine. Elle s’effraya et, d’abord se couvrit la motte avec la main. Puis en me reconnaissant, elle me sourit gentiment.
Guillaume Apollinaire, Les exploits d'un jeune don Juan.
jeudi 11 décembre 2008
LIVRE - La vie sexuelle de Catherine M.
de Catherine Millet - Ed. Seuil
Rédactrice en chef de la revue ArtPress, Catherine Millet fait son "outing" libertin dans cet ouvrage où elle explique sa relation au(x) sexe(s), ses aventures libertines...
Question de Bernard Pivot sur son plateau : "pourquoi ne pas vous faire payer pour ça ?". No comment...
Cinéma et art libertins au Japon
Magazine TRACKS (Arte) 11'18 / 2008
Koji Wakamatsu (réalisateur), Ryu Murakami (romancier), Kishin Shinoyama (photographe)
mardi 9 décembre 2008
Kâmasûtra
dimanche 7 décembre 2008
L'Idole. Sonnet du Trou du Cul
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse.
Humide encor d'amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu'au coeur de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.
Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.
C'est l'olive pâmée, et la flûte caline ;
C'est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !
Albert Mérat, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud




