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vendredi 30 janvier 2009

RECIT - La villa (par Elle)


Rendez-vous au bord de la Méditerranée.

Allongés sur la plage au soleil, on était heureux. Heureux de les revoir, nos amants allemands, rencontrés l'an passé ici, et revus cet hiver chez nous, toujours avec autant de plaisir.
Elle était toujours aussi belle. Les grains de sable collaient sur sa peau pâle de rousse. Lui, les yeux dans le vague, souriait.

Le soir, après un resto en bord de mer, ils nous invitèrent dans la villa où ils logaient sur les hauteurs de la ville. La luxueuse demeure était partagée l'été par des couples libertins en vacances.

Dans le grand parc, des statues illuminées prenaient la pose. Sur la terrasse, nous sirotions un ti'punch en échangeant quelques caresses. Le sucre et le citron donnaient à ses lèvres un gout acidulé.
Mon homme la dévorait des yeux et de la bouche quand ils proposèrent d'aller plus loin.

En entrant dans la bâtisse, nous avions été stupéfaits par le luxe des installations. Ancien club échangiste, il y avait là des douches, un jacuzzi, un sauna ainsi que de grands lits confortables. Nous nous sommes installés.

Elle s'approcha de moi pour m'embrasser, ses cheveux caressant mon visage pendant que les mains de mon homme et celles de mon amant se promenaient sur mon corps. Transportée par le désir, je fermais les yeux et m'abandonnais.

Je sentais le sexe de mon amant, dur contre ma cuisse. Je le pris en main alors qu'il embrassait mes seins. Sa langue chatouillait mes mamelons. J'entendais sa femme gémir doucement à côté de moi. Je ne voyais pas ce que mon homme lui faisait mais je reconnaissais la chaleur de sa peau.
La bouche de mon amant s'approcha de mon sexe. Il y glissa sa langue et là je me laissais aller à cette caresse de manière totalement impudique. J'étais très mouillée, ce qui n'avait pas l'air de lui déplaire.
Après un moment, il glissa ses doigts à l'intérieur de mon sexe. Son mouvement de va-et-vient et la douceur de sa langue finirent de provoquer chez moi les secousses de l'orgasme.
Je m'agenouillais ensuite au sol, entre ses cuisses et pris son sexe dans ma bouche. Je le sentais frémir sous mes caresses. Déjà bien excité, il ne mit pas longtemps à jouir en déchargeant sur ma poitrine.

Après la douche, nous sommes sortis dans le parc. La nuit était très douce. Le vent caressait nos corps nus tandis que nous prenions un verre autour de la piscine éclairée…

lundi 5 janvier 2009

RECIT - Audi à quatre (par elle)


Une après-midi, nous discutions avec un couple sur msn. Intéressant et intéressés, on se donna rendez-vous sur le fameux parking une heure plus tard. Il faisait beau et pas trop froid pour un mois de février, ce qui était propice à nos intentions de nous devêtir un peu.

En voiture, le stress a commencé à monter. Ils étaient là, à nous attendre au bord de la route. Je dépasse doucement le véhicule et m'engouffre dans le parking. Nous en avions entendu parlé par une amie dont le père, s'y étant arrêté pour toute autre raison, s'était étonné du nombre d'hommes qui y rôdaient et en avait déduit qu'il s'agissait d'un lieu de rencontre gay.

Ils se garent derrière nous.

Après de courtes présentations, nous montons dans leur voiture. Moi devant à côté de lui, mon homme derrière avec elle. Il commence à ouvrir mon chemisier, fait sortir mes seins qu'il complimente en les caressant tandis qu'à l'arrière ils s'embrassaient déjà à pleine bouche, elle la main sur la braguette de V.

Un homme s'approcha de la voiture, l'air de rien, pour voir s'il allait se passer quelque chose. A la vue de ce spectacle, il se mit carrément à la hauteur de la vitre pour pouvoir mater. A l'intérieur, la température montait, on se caressait et s'embrassait, cette situation nous excitait tous beaucoup.

Mon partenaire baissa son pantalon pour que je puisse bien m'occuper de sa queue. Allongée la tête sur ses genoux, il releva ma jupe pour découvrir ma petite chatte à la vue des hommes qui avaient rejoint le premier voyeur. Il me caressait et écartait bien mes cuisses pour m'offrir en spectacle. Ça l'excitait beaucoup aussi et pendant que je le sucais, il me disait "Regarde celui-ci il sort sa queue, tu l'excites " et effectivement les voyeurs se branlaient en nous regardant.

De temps en temps, je regardais ce qui se passait à l'arrière en tendant bien mon cul entre les sièges et là j'embrassais la femme en lui caressant fermement les seins.

F.

jeudi 11 décembre 2008

LIVRE - La vie sexuelle de Catherine M.


de Catherine Millet - Ed. Seuil

Rédactrice en chef de la revue ArtPress, Catherine Millet fait son "outing" libertin dans cet ouvrage où elle explique sa relation au(x) sexe(s), ses aventures libertines...

Question de Bernard Pivot sur son plateau : "pourquoi ne pas vous faire payer pour ça ?". No comment...



"J’aime beaucoup sucer le sexe des hommes. J’y ai été initié quasiment en même temps que j’ai appris à diriger le gland décalotté vers l’autre entrée, la souterraine. Dans ma naïveté, j’ai d’abord cru qu’un pompier était un acte sexuel déviant. Je m’entends encore expliquer la chose à une copine, dubitative et légèrement dégoûtée, moi affectant l’indifférence, en réalité assez fière de ma découverte et de mon aptitude à y faire face. Cette aptitude est bien difficile à expliquer car, au-delà d’un quelconque vestige du stade oral, et avant la crânerie mise dans l’accomplissement d’un acte qu’on croit anormal, il y a une obscure identification au membre que l’on s’approprie. La connaissance que l’on acquiert, à travers l’exploration menées simultanément du bout des doigts et de la langue, des moindres détails de son relief comme de ses plus infimes réactions, est peut-être supérieure à la connaissance qu’en a son propriétaire même. Il en résulte un ineffable sentiment de maîtrise : une minuscule vibration du bout de la langue, et voilà qu’on déclenche une réponse démesurée. À cela s’ajoute que prendre à pleine bouche procure plus nettement l’impression d’être remplie que lorsque c’est le vagin qui est occupé. La sensation vaginale est diffuse, rayonnante, l’occupant semble s’y fondre, tandis que l’on peut tout à fait distinguer les doux attouchements du gland à l’extérieur ou à l’intérieur des lèvres, sur la langue et sur le palais et jusque dans la gorge. Sans parler du fait que, dans la phase finale, on goûte le sperme. Bref, on est aussi subtilement sollicité que l’on sollicite soi-même. Reste le mystère, pour moi, de la transmission de l’orifice supérieur à l’orifice inférieur. Comment se fait-il que l’effet de la succion soit ressenti à l’autre extrémité du corps, que le resserrement des lèvres du pénis mette en place un bracelet extraordinairement dur à l’entrée du vagin ? Lorsque la fellation est bien menée, que je prends mon temps, avec le loisir de réajuster ma position, de varier le rythme, alors je sens venir d’une source qui n’a pas de lieu dans mon corps une impatience qui afflue et concentre une immense énergie musculaire là, à cet endroit dont je n’ai qu’une image imprécise, au bord de ce gouffre qui m’ouvre démesurément. Orifice d’un tonneau qu’on cerclerait. Lorsque l’anneau se forge par contamination de l’excitation du clitoris voisin, je peux comprendre. Mais lorsque l’ordre vient de l’appareil buccal ! L’explication est sans doute à chercher dans le un détour mental. J’ai beau avoir la plupart du temps les paupières baissées, mes yeux sont si proches du minutieux travail que je le vois néanmoins et l’image que je recueille est un puissant activateur du désir. Le fantasme est peut-être aussi qu’à l’arrière des yeux, le cerveau aurait une intelligence instantanée et parfaite de l’objet qui le touche presque ! Je vois d’abord mes propres arrangements sur lesquels je règle ma respiration : l’étui flexible de ma main, mes lèvres repliées par-dessus mes dents pour ne pas blesser, ma langue qui jette une caresse au gland lorsqu’il s’approche. J’évalue visuellement leur parcours, toute la main qui accompagne les lèvres, parfois avec un léger mouvement tournant, et resserre la pression au niveau du gros bourgeon terminal. Puis la main tout à coup se désolidarise pour branler vivement, de deux doigts seulement formant tenaille, et agite la soyeuse extrémité sur le coussinet des lèvres refermées dans un baiser. Jacques laisse toujours échapper le « ha » clair et bref d’un ravissement par surprise (alors même qu’il connaît parfaitement la manœuvre), et qui redouble ma propre excitation, lorsque la main lâche prise pour laisser la verge s’engouffrer totalement, jusqu’à toucher le fonds de la gorge. J’essaie de la garder là quelques instants, et même d’en promener l’arrondi au fin fonds du palais, jusqu’à ce que les larmes me viennent aux yeux, jusqu’à suffoquer. Ou alors, et pour ça il faut avoir le corps entier bien d’aplomb, j’immobilise le moyeu, et c’est toute ma tête qui gravite autour, et je distribue les caresses des joues, du menton mouillé de salive, du front et des cheveux, et même du bout du nez. Je lèche d’une langue prodigue, jusqu’aux couilles qui se gobent si bien. Mouvements entrecoupés de stations plus longues sur le gland où la pointe de la langue décrit des cercles, à moins qu’elle ne s’adonne à des agaceries sur l’ourlet du prépuce. Et puis, hop ! Sans prévenir, je ravale tout et j’entends le cri qui transmet son onde à l’armature forgée à l’entrée de mon con."

dimanche 7 décembre 2008

Libertinage et homosexualité


Libertins, nous sommes. F. est bisexuelle, V. est hétérosexuel. C'est comme ça. Nous avons choisi de vivre une sexualité libérée, et donc, forcément, une sexualité pour le moins minoritaire. Les couples libertins, quoi qu'on en dise, ne partagent ni la morale majoritaire, ni les comportements sexuels de la majorité.

Lapalissade : le libertinage, c'est la liberté. La liberté de choisir et d'assumer sa sexualité.

C'est un fait que les femmes, dans les clubs libertins, sont, dans 80% des cas, bisexuelles (un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !). Les hommes, quasiment jamais. C'est un choix, une orientation.

Par contre, nous avons toujours été étonnés, pour le moins, du discours ambiant dans les milieux libertins s'agissant de l'homosexualité (et de la bisexualité) masculine. Notre question : comment peut-on se prétendre libertin tout en adoptant et assumant un point de vue ouvertement homophobe ?

Pour nous, le libertin ne peut être que tolérant vis-à-vis de l'homosexualité/la bisexualité masculine ou féminine, et ce, pour deux raisons :

1/ On ne peut confondre libertins d'une part, et échangistes/mélangistes, d'autre part. Le libertinage ne peut se résumer à la pratique de l'échangisme (ou du mélangisme) ou à toute autre pratique. Il s'agit aussi, et surtout, d'un état d'esprit, qui vient du constat que les normes sociales quant à la sexualité ne permettent pas toujours l'épanouissement sexuel, pas plus que l'émancipation de l'individu.
Le libertin ne peut être que heureux de voir que des individus s'émancipent des normes sociales (religieuses, morales...) pour vivre une sexualité épanouie.

2/ Soyons clairs, les libertins sont perçus, par la grande majorité de la population, comme des détraqués, des obsédés, des pervers (et j'en passe.). C'est-à-dire précisément de la manière dont ces soi-disants libertins perçoivent l'homosexualité masculine (et étrangement pas l'homosexualité féminine). Nous avons, nous libertins, une sexualité "déviante" (relativement à une norme), nous sommes une minorité sexuelle, complexe, plurielle, au même titre que les gays.
Est-il si absurde d'imaginer, sinon une solidarité, au moins une tolérance réciproque entre des orientations et des pratiques qui ont en commun d'être rejetés par la norme sociale dominante et de ne faire de tort à personne ?

F&V